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Société

La structure de la société a été donnée au peuple aborigène par leurs ancêtres, durant le Jukurrpa*.

Traditionnellement les Aborigènes vivaient une vie tribale, en clan, dont les membres descendaient d'un ancêtre commun. Un clan se composait généralement de deux familles ou plus, partageant un territoire qui leur "appartenait". Les limites territoriales du clan se passaient de génération en génération, généralement du côté du père. La tradition, les rituels et les lois liaient les gens de chaque clan à la région qu'ils habitaient et chaque clan avait divers sites spirituels, endroits où leur esprit retournait après leur mort. Les membres du clan venaient ensemble accomplir les rites, pour honorer l'esprit des ancêtres et les créateurs du Jukurrpa.

C'est la responabilité du clan ou de certains de ses membres, de maintenir et de protéger correctement les sites sacrés, afin que les ancêtres ne soient pas offensés et continuent à protéger le clan. De sévères punitions attendaient les négligeants, car cela pouvait affecter tout le clan, pouvant provoquer famines, désastres naturels ou de mystérieuses maladies.

Chaque Aborigène descendant d'un ancêtre, il possède donc un lien spirituel avec un territoire donné. Ce lien est indissociable d'un individu et intransférable dans un autre lieu. Le territoire possède donc un caractère religieux, mais également profane dans la mesure où il permet au groupe d'assurer sa subsistance, et ce depuis l'époque du Jukurrpa. Il en découle qu'il ne peut être vendu, ou même transformé par l'homme sans porter atteinte à l'identité même de ceux qui y vivent et en sont les dépositaires.

Beaucoup de communautés aborigènes étaient semi-nomades et d'autres sédentaires, un des facteurs décisifs étant la disponibilité de la nourriture. Lorsqu'ils se déplaçaient, c'était surtout pour accomplir des rituels à des endroits sacrés ou pour profiter de nourriture saisonnière. Ils n'erraient pas, comme il est coutume de le croire, sans but et désespérément, en quête de nourriture et d'eau.

Le rôle traditionnel des hommes était de chasser, de fabriquer des outils et d'être les gardiens de la loi des hommes. Les femmes s'occupaient des enfants, cueillaient et préparaient la nourriture et étaient responsables de la loi des femmes. Bref, ils se complétaient pour assurer la continuité de leur système social.

La sagesse et l'habileté obtenus à travers les millénaires ont permis au peuple aborigène de tirer grandement parti de leur environnement. Le manque de nourriture était extrêmement rare, grâce à un savoir très pointu du comportement des animaux et de la connaissance des plantes. Les Aborigènes étaient de vrais écologistes.

Bien que les Aborigènes du nord de l'Australie aient été en contact régulier avec les pêcheurs et les agriculteurs indonésiens depuis environ 1000 ans, ils ne cultivaient aucun champ et ne domestiquaient pas de bétail. La seule exception où ils "touchaient" à la nature, était lorsqu'ils brûlaient des broussailles dans les forêts et de l'herbe morte dans les plaines. Cela encourageait une nouvelle pousse, attirait les animaux, empêchait de gros feux de brousse et facilitait la chasse. Les dingos (chien sauvage australien) étaient domestiqués pour la chasse et employés comme gardiens contre les intrus.

Les premiers Aborigènes étaient aussi commerçants. Dans les objets échangés, il y avait des pierres et des coquillages rares et très prisés pour les cérémonies. Boomerangs et ocres faisaient partie des choses que l'on troquait habituellement. Beaucoup de gens se rencontraient pour "échanger des cérémonies", où chants et danses se "passaient" aussi d'un clan à l'autre.

*Jukurrpa est traduit en anglais par Dreamtime, époque du Rêve. Je préfère pour ma part ne pas traduire ce mot.

Education

Aujourd'hui l'école est obligatoire de six à quinze ans. Dans certains endroits, les enfants aborigènes ont des cours en anglais et dans leur langue. Les plus grandes villes ont aussi des logements universitaires pour les étudiants aborigènes.