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Histoire, citoyens australiens

En 1967 les Aborigènes et les gens de Torres Strait Islands (îles du détroit de Torres) reçurent la nationalité australienne. En 1972 la politique d'assimilation prit fin. Les Aborigènes avaient enfin des droits sur et à leurs terres. Ce fut aussi à cette époque que la pratique des Stolen Generations (générations volées) cessa. Le gouvernement de G. Whiltam mit en place une politique plus humaine d'auto-détermination : donner aux Aborigènes le droit de choisir la terre où ils voulaient vivre. La première conséquence de cette politique fut l'instauration d'une loi sur le droit à la terre aborigène dans le Territoire du Nord (Aboriginal Land Right Act, 1976). Cette législation reste la loi la plus forte et la plus complète. Ce texte permet aux Aborigènes de réclamer en justice des terres ancestrales afin d'obtenir des titres de propriété libre et perpétuelle (freehold title). Cependant les seules terres pouvant être revendiquées, sont celles qui n'appartiennent à personne ou que personne ne loue, en général du semi-désert ou du désert. Sur les terres des Anangu se trouvent Uluru (Ayers Rock) et Kata Tjuta (les Olgas). Dans un premier temps on leur refusa leurs revendications, sous prétexte que ces deux endroits étaient dans un parc national. Et surtout parce que ce sont deux sites extrêmement touritiques! Ce fut seulement après l'amendement de deux lois parlementaires que les Anangu obtinrent satisfaction... à condition de louer le site immédiatement au gouvernement, en tant que parc national!

Uluru, Central Desert
Mt Conner, Central Desert

A présent, environ la moitié du Territoire du Nord est revendiqué. Le procédé est extrêmement fastidieux et peut prendre plusieurs années, surtout parce que le gouvernement du Territoire s'oppose à toutes les revendications. Les plaignants doivent prouver qu'ils sont responsables de sites sacrés selon la loi aborigène, sur le territoire réclamé. Beaucoup de personnes agées meurent avant d'avoir obtenu satisfaction. Mais une fois que les indigènes obtiennent réparation, ils peuvent alors négocier avec les compagnies minières et accepter ou rejeter leurs propositions. Ce droit est bien entendu fortement contesté par le lobby minier, même en dépit du fait que, seulement le tiers environ de ces projets soit rejeté.

Au début des années 80, de nombreux Aborigènes quittent les camps de regroupement pour établir des outstations, c’est-à-dire des communautés dans des endroits reculés, situés sur des sites ancestraux.

une des communautés aborigènes d'Arnhem Land, Territoire du Nord

En 1992 la Haute-Cour australienne rejeta terra nullius et le mythe que l'Australie était inoccupée avant l'arrivée des Européens. En faisant cela, elle reconnut le titre de natif aux Aborigènes. Ce jugement fut connu sous le nom de Mabo decision (la décision Mabo) et fut l'une des décisions les plus contreversées de l'histoire. En 1982, cinq insulaires du détroit de Torres emmenés par Eddie Mabo, intentèrent une action en justice, pour réclamer le titre de natif sur les îles Murray (au large de Cape York, au nord du Queensland). Dix ans plus tard, on leur donna raison. La réaction des groupes miniers et industriels fut très négative. Elle fut au contraire saluée par les Aborigènes et le Premier Ministre de l'époque P. Keating, comme une opportunité de créer une base de réconciliation entre Aborigènes et non-Aborigènes.

En 1993 le parlement institua le Native Title Act, afin de définir le principe de native title (titre de natif). Contrairement aux protestations de l'industrie minière, cet acte ne donne aux Aborigènes que très peu de nouveaux droits. L'acte stipule que si une terre appartient à quelqu'un ou si elle est en concession, cela annule le droit au titre de natif. Pour les mines, ce titre reprend ses droits une fois les concessions minières terminées. Les Aborigènes se sont même regroupés pour dessiner leurs terres, afin de prouver leurs droits devant les tribunaux (cf. la peinture au tribunal).

En 1998, une série d'amendements au Native Title Act, un plan en dix points, fut instauré par le gouvernement pour endiguer les querelles entre Aborigènes et éleveurs. Le résultat est mitigé et personne n'est vraiment content.

Beaucoup d'injustice et de racisme persistent. De nombreux Aborigènes vivent encore dans d'épouvantables conditions et l'alcool et la drogue sont un gros problème. Cependant les communautés aborigènes ont relevé le défi de les éradiquer et il est interdit d'amener ou de transporter de l'alcool dans la plupart de ces communautés sous peine d'amende sévère. Il existe aussi un certain nombre de programmes de réhabilitation.

Ces 200 dernières années furent terribles pour les indigènes d'Australie. Malgré cela, leur résistance et leur détermination leur a permis de sauvegarder leur culture, leurs traditions et leur dignité. La loi tribale, interdite par les blancs, se réinstalle gentiment sous différentes formes.

Pourcentage de la population aborigène par rapport à la population totale d'Australie

1788
314'500
99,7 %
1861
180'400
15,7 %
1871
155'300
9,3 %
1881
131'700
5,9 %
1891
110'900
3,5 %
1901
94'600
2,5 %
1911
83'600
1,9 %
1921
75'600
1,4 %
1933
73'800
1,1 %
1947
87'000
1,1 %
1954
100'000
1,1 %
1961
117'500
1,1 %
1971
150'100
1,2 %
1981
171'200
1,2 %
1991
238'600
1,4 %
2001
410'003
2,2 %

Chiffres tirés de The aboriginal Population of Australia, Australian National University Press, Canberra