Histoire, 20ème siècle
Au début du 20ème siècle, une loi passa dans tout le pays pour "protéger" les Aborigènes. En fait c'était une loi extrêmement raciste et ségrégationniste, visant l'éradication du peuple aborigène. Ils n'avaient ni le droit de posséder une propriété, ni le droit de chercher du travail. En 1918 une loi autorisa l'Etat à retirer les enfants de leur mère, s'il était suspecté que le père n'était pas Aborigène. Les parents n'avaient donc aucun droit sur leurs propres enfants, qui étaient placés en institutions ou en familles d'accueil. C'est le début de ce qui fut connu plus tard sous le nom de Stolen Generations (les générations volées). Le but de cette entreprise fut de supprimer la culture aborigène du continent australien. Les institutions étaient souvent dirigées par des religieux qui inculquaient aux enfants une éducation blanche. Pour atteindre cet objectif, les enfants étaient soumis à des règles strictes et subissaient, en cas de désobéissance, des punitions morales et physiques humiliantes. En 1997, un rapport d'enquête intitulé Bringing Them Home (les ramener à la maison) révela à l'ensemble des Australiens ces pratiques du passé. Ce rapport contient plus de 700 témoignages accablants de personnes déracinées et abusées. Les auteurs précisent que ces pratiques ont continué juqu'aux années 70 et qu'elles ont touché entre 1 pour 3 et 1 pour 10 enfants aborigènes de toute l'Australie.
Au début de ce 20ème siècle, la plupart des Aborigènes étaient confinés dans des réserves gouvernementales ou dans des missions chrétiennes qui n'étaient pas sur le territoire de leur propre clan. Certains vivaient dans des fermes d'élevage où ils étaient employés comme gardiens de troupeau, profession dans laquelle ils excellaient, ou comme bonnes à tout faire. La paie se résumait plus souvent à quelque nourriture qu'à de l'argent. L'introduction de cette alimentation étrangère entraîna l'apparition de maladies nouvelles pour les Aborigènes comme le diabète ou l'obésité. Les conditions étaient misérables et se rapprochaient plus de l'esclavage que d'un travail normal. Mais cela leur permettait de rester sur leur terre et de maintenir le lien avec elle.
La tolérance des blancs était toujours à son niveau le plus bas et les raids punitifs allaient bon train. Mais, vers le milieu du 20ème siècle on arriva enfin à ce que les gens ne pouvaient plus tuer des Aborigènes et s'en sortir indemne. Après la seconde guerre mondiale la politique d'assimilation des Aborigènes devint le but premier des autorités. Ces dernières avaient contrôle sur tout, allant de, où les indigènes pouvaient vivre, jusqu'à qui ils pouvaient marier. A cette époque les garçons étaient "dirigés" vers la profession de gardien de troupeau et les filles vers le travail de domestique. Beaucoup de personnes ont été forcées à s'établir en ville, l'idée étant de s'adapter à la culture européenne et d'aider ainsi leur développement économique. Mais il est vrai que la culture aborigène est totalement étrangère aux valeurs de l'économie capitaliste! Cependant les Aborigènes commencaient à s'organiser et à être de plus en plus éduqués.
Dans les années 60 les gens prirent enfin conscience de la manière dont les indigènes étaient traités ou plutôt maltraités. En 1962 une pétition faite sur une écorce d'eucalyptus fut présentée au gouvernement fédéral par les Yolgnu, gens de Yirrkala, nord est d'Arnhem, demandant que le gouvernement reconnaisse que les terres australiennes étaient occupées et appartiennent au peuple aborigène depuis des temps immémoriaux. La pétition fut ignorée et les Yolgnu amenèrent l'affaire devant les tribunaux. Ils perdirent. En 1971, lors du fameux cas des territoires Yirrkala, la cour "reconnut" que les Aborigènes n'avaient aucune économie significative, ni aucune relation légale ou politique à leurs terres. La cour maintenait le principe de terra nullius et la position que l'Australie était une terre inoccupée en 1788.
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